La différence entre les référentiels européen et américain
En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) suit les recommandations de la Société européenne de cardiologie (ESC/ESH 2018) : une tension est considérée comme élevée à partir de 140/90 mmHg. En dessous, on parle de "normale haute" entre 130-139 / 85-89, sans traitement médicamenteux systématique.
Aux Etats-Unis, l'American Heart Association (AHA 2017) place le seuil d'hypertension de stade 1 à 130/80 mmHg -- soit 10 mmHg plus bas. Appliqué à la population française, ce critère américain doublerait environ le nombre de personnes classées hypertendues. Ce n'est pas un désaccord mineur : il reflète des philosophies différentes sur le moment où traiter.
Vérifiez vos chiffres avec l'outil Tension artérielle, qui affiche le résultat selon le référentiel ESC/ESH en vigueur en Europe.
L'automesure tensionnelle selon les recommandations françaises
La HAS recommande la "règle des 3" pour l'automesure : 3 mesures le matin, 3 mesures le soir, pendant 3 jours consécutifs, puis faire la moyenne des 18 mesures. Cette méthode donne une image bien plus fiable qu'une mesure unique au cabinet médical.
L'"hypertension blouse blanche" -- tension élevée chez le médecin mais normale à domicile -- touche 15 à 30 % des patients. À l'inverse, l'"hypertension masquée" est normale au cabinet mais élevée au quotidien. L'automesure est le seul moyen de distinguer ces situations.
Le seuil de traitement médicamenteux en France est fixé à 140/90 pour la plupart des patients, avec des adaptations selon les comorbidités (diabète, atteinte rénale).
Ce que votre chiffre ne dit pas seul
Une tension de 135/85 est "normale" selon ESC/ESH mais "hypertension de stade 1" selon l'AHA. Le même chiffre, deux diagnostics. C'est pourquoi il est indispensable de savoir quel référentiel utilise votre médecin, en particulier si vous avez des antécédents familiaux cardiovasculaires.
Par ailleurs, la tension varie au cours de la journée, avec l'effort, le stress et la caféine. Une mesure isolée a peu de valeur clinique. La combinaison automesure + consultation reste la démarche la plus solide pour évaluer votre risque réel.